En fait je n’ai plus du tout envie de parler, c’est juste une
horreur. Je ne voulais pas, j’ai pas choisi, je me suis retrouver avec une arme
dans la main pour me défendre. J’en ai tellement chier, ces enfants étaient
devenus mes ennemis.
Comme beaucoup de grand film, les distributeurs ne sont pas aux rendez-vous. Peu importe ils n’ont jamais été un gage de qualité…frique…frique…frique ; Cynique ? Oui mais surtout réaliste.
Les films qui m’ont autant fait pleurer ne sont pas nombreux et je ne parle pas de la petite larme que l’on lâche à la fin d’un film, mais des larmes qui nous sert le cœur jusqu'à en étouffer.
Madame Bergerac est un professeur de français dans un collège de quartier dit ‘sensible’. Madame Bergerac vomi tout les matins à l’idée seule de la journée qu’elle va passer. Un matin qui commençait pourtant comme tous les autres matins, les élèves arrivent en retard aux cours de théâtre sur Molière. Soudain, une dispute entre deux élèves, un revolver tombe du sac, Madame Bergerac récupère le flingue et prend en otage sa classe. Alors qu'à l'extérieur, les autorités scolaires, policières et politiques peinent à comprendre et à réagir à la situation, Sonia impose à ses élèves sa vision et leurs contradictions. Tout passe en revus dans ce film, la laïcité, les conditions quasi impossible pour un professeur de faire cours, la condition de la femme dans les banlieues, les viols collectif, les humiliations, la recherche d’identité des jeunes dit ‘issue de l’immigration’
Mes répliques favorites :
Bergerac est assise sur la scène complètement épuisé et dit à ses élèves.
« J’y croyais, j’y croyais vraiment, je ne sais pas si vous comprenez… Vos parents…Ils sont partis de chez eux pour vous offrir une vie meilleur, c’est votre devoir de réussir pour donner un sens à leurs sacrifices, vous comprenez. Je sais que c’est dure, je sais que c’est très dure, vous êtes mal loti, vous êtes… mais ce n’est pas une raison pour dire ‘je suis une victime, ce n’est pas de ma faute, vous ne pouvez pas mettre la responsabilité sur les autres comme çà dans votre vie, ca ne sera pas possible. Je vous en prie, il ne faut pas dire ça, vraiment je vous en supplie ne pensez comme çà. Ce n’est pas parce qu’on est victime que l’on ne peut pas être un bourreau, il n’y a rien qui vaccine contre la méchanceté contre la bêtise. Votre seule chance c’est de travailler à l’école, parce que dans cette société si on est arabe ou noir et ignorant en plus, alors là, c’est vraiment mission impossible. »
A un moment une des élèves Nawell, récupère le revolver pour défendre Bergerac qui s'était fait agressé par Mouss le Caïd de la classe : Nawell se met à menacer Mouss et l’ordonne de ne plus bouger. Elle s’apprête à rendre l’arme au professeur, quand toute la classe se met à hurler : « Non Nawell, mais tu es folle, il faut qu’on sorte. » Nawell répond : « Vos gueules ! Mais si je ne rends pas l’arme, on va tous sortir et puis quoi ? Il va se passer quoi ? Moi je vais me faire tuer parce que je l’ai aidé, Hakim pareil. Il y’aura rien de changer alors moi je veux que cette prise d’otage dure tout la vie, parce qu’après Inch Allah, comme on dit. »
Mon autre moment favoris est lorsque Bergerac à son père au téléphone. C’est à ce moment qu’on apprend qu’elle est elle aussi ‘issue de l’immigration’. Son père lui dit qu’il l’aime, qu’il regrette de l’avoir rejeter car elle a épouser un non-musulman. Sonia Bergerac dit en arabe « Habek Baba… » Je t’aime papa…
Elle raccroche, Nawell lui demande : « Madame pourquoi vous nous avez pas dit que vous êtes… » « …prof’ de français, je suis prof’ de français ! » rétorque Sonia.
Un très bon film, qui ne tombe jamais dans les clichées. Des acteurs non-professionnelle aux jeux d’acteurs très juste. Et un grand retour d’Isabelle Adjani. Une fin déchirante…
